Charge pas que mentale

Facebook étant le nouveau puits d’information de notre siècle (enfers et damnation), je fais défiler les publications comme Karl fait défiler les modèles sur un podium: à la chaîne et souvent sans prêter attention au contenu…

Et parfois, on tombe sur des petites perles.

Je vous présente Emma!

emmaclit.com

Elle se décrit comme faisant des dessins moches sur des trucs qui l’intéressent.

Je dirais plutôt que c’est une belle personne qui écrit sur des trucs parfois plutôt moche.

Mercredi, elle publie un billet sur son blog puis sur Facebook sous la forme d’un album intitulé Fallait demander! Clique sur le lien.

 

Fallait demander

 

Tu lis attentivement puis tu reviens et on en parle…

 

Pas mal tu te dis? Moi je dis BORDEL DE SUCETTE MAIS C’EST BIEN SÛR!

La charge mentale, parlons-en…

 

C’est pas nouveau mais c’est aujourd’hui que j’en entend parler. Ma faute ou pas, plus consciente de ça maintenant qu’avant aucune idée.

La chercheuse canadienne Nicole Brais, l’une des premières à aborder le sujet, il s’agit de « ce travail de gestion, d’organisation et de planification, qui est à la fois intangible, incontournable et constant, et qui a pour objectifs la satisfaction des besoins de chacun et la bonne marche de la résidence ».

En clair c’est penser à ce qu’on va devoir faire et comment on va le faire pour que la maison tourne pendant qu’on fait autre chose et faut avouer qu’on le fait tous. Et dans ce tous, il y a le plus souvent des femmes.

 

Le court et le long c’est que ça me parle. Je ne remets pas la faute sur les hommes, loin de là. Je ne me rappelle pas si je l’ai déjà dit mais je ne me considère pas comme une féministe mais plutôt comme une humaniste. J’aime à penser que les droits de chacun méritent d’être défendu sans distinction de sexe, de couleur, d’orientation sexuelle, de préférences de toute sorte. Mon avis ne vaut pas plus que celui d’un autre, cependant l’expérience est le meilleur des enseignements.

Que celle d’entre vous qui n’a jamais eu une montée de colère quand la personne que tu aimes et qui partage ta vie te sors un « je vais le faire » ou un « Ben pourquoi tu l’a pas dit? ». Je parle même pas du « T’a vu j’ai vider le lave-vaisselle? »

Mon pote, si je devais te faire remarquer chaque chose que je fais dans cette p**ain de maison on en aurait pas fini… Ça ne remet pas en question l’amour que chacun se porte mais c’est épuisant à force, minant.

Et le pire, c’est ce sentiment mélangé de fierté (si je ne suis pas là, rien ne se fait) et de découragement stressant (si je ne suis pas là, rien ne se fait). Tu sens cette dualité de fou???

L’égalité doit passer par ce chemin aussi et ce type d’image ne nous aide pas vraiment:

Ah ben oui, c’est très flatteur mais c’est insidieusement une pression monstre sur les femmes. Tu comprends pas pourquoi? je vais te faire un parallèle trèèèès simple.

Papa est un héro parce qu’il est fooooort, sacré Papa.

Mama est une héroïne parce qu’elle est belle et qu’elle aime ses petits bouts et qu’elle arrive à faire la lessive, le souper, à changer la couche du dernier tout en se mettant du vernis sur les orteils parce que quand même, c’est pas une sauvage…

Si tu comprends toujours pas l’ironie ce cette phrase je ne peux plus rien faire pour toi.

Malgré tout, je pense que l’homme et la femme ne seront jamais totalement égaux.

Ne t’énerve pas continue de lire.

Évidement, que nous devrions être payées de la même façon à un poste équivalent. Sans aucun doute, si personne ne dicte comment un homme doit être habillé, pourquoi devrait-on le faire avec une femme? Et naturellement, nos choix de vie ne doivent pas être guidés uniquement par la reproduction et la survie de l’espèce, ce que bizarrement on demande moins aux hommes.

MAIS, ce sont les femmes qui portent les enfants, cette spécificité propre au sexe féminin fait que nos vies seront à jamais différentes. Que nous en ayons ou pas d’ailleurs. Et même la plus utopiste ou pessimiste d’entre nous comprendra que c’est une miraculeuse force et une faiblesse à la fois. Tant que nous vivrons dans une société patriarcale, ce « detail » n’en sera pas un.

C’est à chacun(e) de nous de faire quelques pas pour avancer.

 

Alors mesdames, soyez plus indulgentes et moins exigeantes. Prenez du temps pour vous sans culpabiliser et ne vous jugez pas entre vous. Ensemble, on est plus fortes et nos différences nous rassemblent.

 

Messieurs, retroussez vos manches plus souvent et soyez plus présents mentalement. Nous savons que vous n’êtes pas Batman (qui soit dit en passant à un homme de maison) mais quand on y réfléchit bien on vous a jamais vu dans la même pièce au même moment… Le doute est permis.

La répartition est possible. On arrête de s’accuser et on se soutient. On arrête de dire que les hommes sont comme ça, et on éduque nos garçons et nos filles.

Nos mères ou nos grands-mères ne pensaient sans doute pas pouvoir voter, cela nous semble si naturel aujourd’hui. J’aimerais tellement que nos filles pensent, adultes, à autre chose qu’à leur liste de courses en prenant un bain.

Puisque ces recherches concernent principalement les relations hétérosexuelles, moi je ne ferais pas de distinction. Ce soir penser à une personne que vous aimez et réfléchissez à ce que vous pourriez faire pour l’aider.

Peu importe l’action c’est l’intention qu’on met dedans qui compte.

Pour ce qui est d’Emma, son livre est dispo ICI. La BD « Fallait demander » s’y trouve avec plein d’autres vachement cool.Je suis particulièrement sensible à « Check ta chatte » et « L’histoire de ma copine C. » qui sont dispo sur son blog.